Senoufo, Côte d’Ivoire

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L’ethnie des Senoufo se répartie en une trentaine de sous-groupes, partagés entre le sud Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, où se trouve Korhogo, leur centre principal.

 Il y a 4 sociétés qui gouvernent et éduquent traditionnellement les Sénoufo : Poro, Sandogo, Wambele et Tyepka.

Les objets sculptés jouent, chez les Senoufo, un rôle dans différents univers secrets: la société masculine initiatique du Poro, chargée de l’initiation des jeunes garçons et des funérailles, son homologue féminin, Tyekpa et celle du Sandogo, au sein de laquelle les femmes se livrent aux arts de la divination et de la guérison.

Parmi les membres du sous-groupe Fodonon Senoufo, les figures de mères et d’enfants jouent un rôle dans les cérémonies funéraires organisées par l’association Tyekpa au cours desquelles elles sont portées sur la tête des femmes participantes. Cependant, parmi les Sénoufo centraux, des figures féminines similaires sont utilisées comme sculpture fixe pour la société masculine Poro.

Massa nous apprend page 79 de son livre « La maternité en Afrique noire » que les grandes statues maternités sont utilisées dans le cadre du Poro, et les plus petites comme matériel divinatoire des femmes de la société Sandogo, pour consulter les esprits de la brousse.

Les Senoufo croient en un dieu créateur appelé« Koulo Tiolo », entité lointaine difficilement accessible aux humains, et par conséquent qui n’est pas l’objet, à part quelques gestes symbolique à l’intérieur des bosquets d’initiation, d’aucun culte directe. Cependant au centre de la liturgie vivante est placé « Ka Tiéleo » la Mère Primordiale, accessible grâce au processus initiatique appelé « Poro », durant lequel elle dispense, par le biais de précepteurs masculins, un enseignement tant pratique qu’ésotérique à « ses enfants » sur une période de 21 ans.

Dans le contexte du Poro et de son pendant féminin, les figures mère-enfant font probablement référence à « Ka Tiéleo », responsable de la protection et de l’instruction des initiées, de ses « enfants », en les nourrissant du lait de la connaissance et en les transformant ainsi en des êtres humains parfaits.

Dès l’âge de 7 ans, les jeunes Senoufo sont initiés au culte du Porodivisé en trois phases, chacune de la durée de 7 ans.

La première phase du Poro est appelée « Poworo », et concerne les garçons ages de 7 à 12 ans qui doivent être initiés à l’agriculture et à la mythologie Senoufo. La deuxième phase « Kwonro » celle de l’adolescence,  comporte des enseignements militaires, liturgiques et des danses. La troisième phase « Tyologo » concerne les adultes , elle est divisée en douze échelons. Le dernier grade de finissant le plus haut degré d’initiation est rarement obtenu avant l’age de 30 ans.

A travers le Poro tout membre de la société, reçoit par degrés, une instruction complète. Le but final de cette instruction est de conduire l’homme de son état primitif d’animalité à celui de l’unité sociale parfaite.

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