Luluwa Statue Maternité, République Démocratique du Congo

Représentation finement sculptée d’une mère portant son enfant sur le côté appartenant au rare corpus des maternités Bwanga bwa cibola, association sociale ou « culte » qui aborde les questions de fertilité et  faisant partie du monde magico-religieux complexe des peuples Luluwa. Les femmes ayant fait des fausses couches ou ayant perdu des enfants en bas âge, s’adressaient au devin, étaient initiées et recevaient une de ces figures de maternité. Cette dernière étaient conservée près de la future mère.
L’esthétique des sculptures reproduisaient les canons Luluwa de la beauté. La grosse tête et le front haut sont des indicateurs de beauté qui symbolisent également l’intelligence et la volonté. Le long cou et les membres musculaires de la figure expriment des valeurs esthétiques positives.  Le visage et le corps sont entièrement ornés de scarifications aux motifs curvilignes, arcs de cercle concentriques, et points émergeant en bas relief selon un agencement d’une rare élaboration. De même, la coiffure complexe – cheveux tressés ramenés en plateau à l’arrière, terminée par une pointe relevée au-dessus de la tête – est extrêmement détaillée. Même soin apporté aux ornements – motifs gaufrés et linéaires sur le cou évoquant des colliers de perles, bracelets et cache-sexe et ceinture mubangu. Une autre caractéristique importante de cette figure est le nombril saillant, qui représente la hernie ombilicale autrefois très convoitée. Le nombril symbolise la relation étroite entre ancêtres et descendants et fait également allusion à la succession des générations. Superbe patine brune foncée, brillante sur les reliefs, accentuée par la présence de restes de poudre de camwood, symbole de son utilisation rituelle.
Les figures raffinées et finement sculptées comme celle-ci sont rares dans le répertoire du bwanga; la plupart des autres exemples sont plus simples, grossièrement taillés et classés comme «schématiques».  Il apparaît également que des personnages raffinés comme celui-ci appartenaient principalement à une classe restreinte de femmes occupant des postes d’autorité, ce qui peut également expliquer pourquoi ces bwanga sont si rares.  La production de bwanga naturaliste a pris fin au début du XXe siècle, lorsque les puissances coloniales ont soumis le territoire et freiné le pouvoir de l’élite Luluwa. Le facteur le plus important contribuant à la rareté de ces pièces dans les collections occidentales reste le fait que la plupart des utilisateurs n’ont pas conservé leur bwanga. Les mangas et les pratiquants du culte ont généralement détruit tout leur attirail une fois que leur appartenance au culte a cessé, et de nombreux autres bwanga ont été placés sur la tombe ou enterrés avec leurs propriétaires.

Provenance
Ex collection française
Collection Eve Begalli, Grenoble, acquise en 2017

  • Dimensions: H 62cm
  • Epoque: circa 1940
  • Ethnie: Luluwa
  • Matériaux: Bois
  • Pays: R. D. du Congo
Catégorie :
Partager